Portraits

Charles et Ray Eames : histoire d’un couple emblématique du design

Lorsque l’on parle de l’histoire du design, il est impossible de ne pas citer Charles et Ray Eames, couple de designers emblématiques du 20ème siècle. Très en avance sur leur temps, ils ont contribué à la démocratisation du mobilier moderne par leurs lignes iconiques alliant confort et ergonomie. Qui n’a jamais croisé la silhouette du fauteuil Lounge Chair, la chaise DCW, ou le fauteuil Armchair RAR ?

© Vitra

L’histoire de Charles Eames


Charles Eames naît en 1907 à Saint Louis dans le Missouri. Lors de ses années d’études au sein de l’Université de Washington, il développe un intérêt certain pour l’architecture et décide de l’étudier grâce à une bourse universitaire. Mais au bout de deux ans, en 1927, ses idées trop modernes lui valent l’exclusion du programme.

Charles Eames ouvre alors son premier cabinet d’architecture avec Charles Gray dans sa ville natale en 1930. C’est ainsi qu’il rencontre et collabore avec l’un des plus grands architectes de son époque, Eliel Saarinen, spécialiste du style Art nouveau. Quelques années plus tard, en 1940, c’est avec le fils de celui-ci, Eero Saarinen, que Charles Eames décroche le premier prix du concours “Organic Design in Home Furnishings” du MoMA, Museum of Modern Art.

Il reçoit ensuite une bourse pour l’Académie des Arts de Cranbrook, et part s’installer dans le Michigan pour y suivre le programme d’Architecture et d’Urbanisme dont il devient un an plus tard le directeur du département de design industriel.

© Eames Fondation

La rencontre de Charles et Ray, le début d’une alchimie créatrice


Lorsqu’en 1940, Bernice “Ray” Kaiser pousse pour la première fois les portes de l’Académie des Arts de Cranbrook, elle ne se doute sûrement pas qu’elle y fera la rencontre la plus décisive de sa vie. C’est en assistant Charles Eames et Eero Saarinen pour le prochain concours du MoMA que la rencontre se fait.

Leurs travaux issus d’un moulage complexe de contreplaqué donneront naissance à l’Organic Chair, chaise ultra confortable qui sera couronnée du premier prix. Ils ne cesseront dès lors de travailler le moulage en contreplaqué, matériau qu’ils affectionnent particulièrement.

Charles et Ray Eames se marient en 1941 et déménagent en Californie où ils installent un petit atelier. En s’appuyant sur les travaux d’Alvar Aalto, designer finlandais adepte du fonctionnalisme, Charles et Ray approfondissent leur technique de moulage et de cintrage du contreplaqué.

Planche présentée au Museum modern of art : Organic Design Competition
© Eames Official Site

Planche présentée au Museum modern of art : Organic Design Competition

© Vitra
© Grant Harder

En 1942, afin de contribuer à l’effort de guerre, Charles et Ray Eames débutent des projets pour la marine américaine. Ils travaillent alors sur la fabrication d’attelles pour les blessés de guerres, composées de plusieurs épaisseurs de contreplaqué et de résine artificielle. C’est un succès. L’US Navy leur commande alors 5 000 attelles et Charles et Ray Eames découvrent ainsi le potentiel de la résine artificielle pour un grande production.

Cette collaboration constitue la genèse des plus grands succès commerciaux des chaises et des fauteuils Eames. Après une tentative de produire eux-mêmes leur mobilier via leur société Evans Products, Charles et Ray Eames se tournent vers l’éditeur Herman Miller sous les conseils de leur grand ami Harry Bertoia, directeur du département design chez Herman Miller Inc.

Le premier grand succès du couple sera alors la chaise DCW pour Dining Chair Wood, éditée en 1946. Cette chaise en contreplaqué moulé est un triomphe sans précédent. Elle est même qualifiée de “chaise du siècle” par le réputé critique d’architecture Esther McCoy.

Chaise basse DCW version chêne clair
© Herman Miller

Chaise basse DCW version chêne clair

Du design à l'architecture


Charles et Ray Eames, designers prolifiques, n’en oublient pas pour autant l’architecture et construisent la Case Study House n°8 dans le cadre du programme du même nom lancé par John Entenza, rédacteur en chef de la revue Arts & Architecture. Le but de ce programme : la construction de maisons fonctionnelles et économiques pour le retour au pays des nombreux soldats après la Seconde Guerre Mondiale.

Dans le cadre de ce projet, Charles et Ray Eames seront ainsi les premiers designers à utiliser des matériaux économiques et recyclés pour construire ces maisons préfabriquées. La Case Study House n°8 deviendra définitivement leur studio d’habitation et de création jusqu’à la fin de leurs vies.

Aujourd’hui, la Maison Eames, où sont toujours conservés les meubles du couple, est un véritable symbole de l’architecture moderne. Elle reflète la philosophie du couple. Charles Eames souligne ainsi : “Tel un bon hôte qui anticipe les besoins de ses invités, un bon architecte anticipe les besoins de ceux qui vont utiliser les choses qu’il design.”

Chaise DCW vintage, une très belle patine malgré un dossier légèrement abimé.

Chaise DCW vintage, une très belle patine malgré un dossier légèrement abimé.

Les 3 fauteuils design emblématiques Eames


  • La chaise DCW éditée chez Vitra et Herman Miller

    Présentée pour la première fois au Museum of Modern Art en 1946, le DCW (Dining Chair Wood) est une incontestable réussite du couple Eames. Cette chaise créée par le moulage du contreplaqué est qualifiée de “brio esthétique et d’inventivité technique” par Eliot Noyes, directeur du département de design industriel du MoMA.

    Charles et Ray créent cette chaise pour apporter le confort au plus grand nombre. Ils étudient longtemps la structure des os du corps humain afin de perfectionner le moulage de leur œuvre pour un confort optimal. Modelée et testée des centaines de fois, la chaise finale comporte deux parties - le dos et le siège, tous deux en forme de pétale.

    Elle est éditée chez Herman Miller en Amérique et sous licence chez Vitra.
  • Chaise DCW neuve : Edition Vitra aux alentours de 1 200€ pour la version bois

  • Cote chaise DCW occasion/vintage : Selon l’état et l’année d’édition, à partir de 1900€
  • Le Fauteuil Lounge Chair, édité par Vitra et Herman Miller

    Le Lounge Chair de Charles et Ray Eames est certainement l’une de leur création la plus emblématique mais également l’un des plus grands classiques du Design haut de Gamme.

    Ce fauteuil inspiré du club traditionnel Anglais est un « best-seller » avec plus de 6 millions d’exemplaires vendus à ce jour. Il existe deux éditions officielles, l’une Américaine chez Herman Miller, et l’autre Européenne chez Vitra. Les deux éditions se différenciant par des différences de montages.

    Fabriqué originellement avec une structure en contreplaqué de palissandre lustrée et moulé garnie d’épais coussins en cuir rembourrés de plumes, le Lounge Chair 670 est l’un des fauteuils les plus confortables du marché.

    Retrouvez plus de détails sur le Lounge chair dans notre article les 5 fauteuils designs, confortables et cultes.
  • Fauteuil Lounge Chair 670 neuf : selon les configurations dans la version Vitra
    entre 6400 € et 7200 €

  • Ottoman Lounge 671 neuf : selon les configurations dans la version Vitra
    entre 2400€ et 2600 €

  • Fauteuil et Ottoman Lounge Chair : selon les configurations dans la version Vitra
    Entre 8000 € et 9800 €

  • Cote Fauteuil et Ottoman Lounge Chair occasion / vintage : Selon la patine, l’état et le type d’édition l’ensemble peut se trouver à partir de 6500 € et peut monter jusqu’à 15 000 €
Armchair RAR en vintage, édition Herman Miller en fibre de verre
© Epoq

Armchair RAR en vintage, édition Herman Miller en fibre de verre

  • Le Fauteuil à bascules armchair RAR, édité chez Vitra

    Le Rocking Chair Eames est au fauteuil design, ce que la Tour Eiffel est à Paris : incontournable. Aussi appelé Armchair RAR pour Rocking Armchair Rod base, Charles et Ray Eames le crée en 1948 avec le désir d’utiliser la résine de polyester renforcée de fibre de verre pour créer une coque en une seule pièce.

    Présenté pour la première fois lors du concours « Low Cost Furniture Design » du Museum of Modern Art de New York en 1950, il rencontre un vif succès et est édité originellement par la société Herman Miller jusqu’à la fin des années 70. A partir des années 80 le fauteuil RAR est produit en polypropylène. Parallèlement à la production Herman Miller basée aux Etats-Unis, Vitra produit des modèles en Europe à partir de 1972.

    Le fauteuil Rocking chair RAR est toujours édité par Vitra. La version sur pieds existe avec deux piètements différents : le modèle DAR avec un piètement en aluminium chromé, le modèle DAW pour la version aux pieds en bois.
  • Fauteuil armchair RAR neuf : selon les configurations à partir de 519 €.

  • Cote Fauteuil armchair RAR occasion / vintage : selon l’état du piètement et de l’assise entre 600 € et 2000 € pour les premiers modèles en résine polyester et fibre de verre édité par Herman Miller aux Etats-Unis.

Publié le 22 août 2018 par Valéry

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